SCAPHANDRES  lourds:

Cette époque est entièrement à cheval sur l’apnée, c’est bien avec ce matériel que les plus anciennes tentatives archivées ont été effectuées.

J'ai effectué un baptême avec un tel matériel, comprenons nous bien : le casque et sa collerette 20 kg, le plomb dorsal et le plomb pectoral 20 kg, les chaussures de plomb 20 kg, soit plus de 60 kg à se trimballer, en mer c'est déjà pas facile, je ne suis pas une mauviette mais pour franchir des blocs je devais aider avec le bras ma jambe à se lever. De là à explorer des siphons avec ce matériel il fallait être vraiment très fort dans sa tête....

Assisté de l’ingénieur BOUVIER, Nello OTTONELLI en mars 1878 descend à une profondeur de 23 mètres dans la fontaine de Vaucluse.

Source de l’Orbe en Suisse, PFUND pénètre de 15 mètres en 1893.

1934, Grotte du Creugenat en Suisse, un plongeur professionnel s’enfonce de 27 mètres puis de 55 mètres deux jours plus tard.

En Angleterre, l’exploration de la résurgence de Wookey Hall commença en 1935 avec l’équipe de Graham Balcombe. Le plongeur en second fut en fait une plongeuse : Pénélope POWELL. Excellente nageuse, aimant l’aventure, dotée d’un charisme certain, elle fut unanimement choisie par les membres de l’équipe. Franchissant étapes par étapes les 60 mètres séparant la salle 3 de la salle 7, y traînant 2 tonneaux métalliques qu'ils remplirent d'air pour atteindre la surface. Visiblement il n’était pas possible de poursuivre l’exploration avec un tel matériel.

1938, 2ème essai à la Fontaine de Vaucluse en scaphandre lourd, Négri prétend avoir dépassé le terminus d’OTTONELLI, les imprécisions de ses descriptions entachent de doutes ses affirmations.

 

 SCAPHANDRES – RESPIRATEURS :

 

Jack SHEPPARD va s’attaquer en Angleterre au même réseau que GRAHAM BALCOMBE ET PENELOPE POWELL, en 1936 avec cet équipement qu’il s’est fabriqué lui-même, il va plonger dans le siphon 1 de Swildon’s HOLE, qui est la perte de Wookey Hole.

Il faut voir cette combinaison que s'est fabriqué Jack Sheppard ! il a collé de la toile et s'est confectionné un vêtement sec. Il a conçu une cagoule intégrale dans laquelle il a prévu trois hublots, deux face aux yeux et un troisième sur le front pour permettre à la lumière de sa lampe frontale de l'éclairer ! il est équipé d'un téléphone !

En surface l’alimentation en air est assurée par "digger " HARRIS avec une pompe à vélo !

Tout se passa fort bien, Jack SHEPPARD franchit le premier siphon, se déséquipa et une trentaine de mètres plus loin atteignit le second siphon. Malgré quelques pensées sombres dues à une longue attente lors de la sortie, il refranchit ces siphons après avoir amélioré sa technique, une bouteille d’oxygène tenue entre ses jambes dont il ouvrait le robinet à chaque inspiration.

Revenons en France ou en 1942, à l’aide de scaphandres Le Prieur, Jean Gilbert BIREBENT et Max COUDERC tentent de franchir le siphon de la grotte du Bundoulaou en Aveyron. Ils plongent sans fil d’Ariane, l’argile réduisant rapidement la visibilité ils font demi-tour dans la touille. Couderc plombé lourd marche au fond, Birebent le suit plutôt à quatre pattes. Il s’agrippe à une "stalactite ". Stupeur cette " stalactite " se sauve.

Couderc jaillit hors de l’eau terrorisé, se croyant attaqué par on ne sait quel monstre marin.

Ce n’est que beaucoup plus tard qu’ils riront de cette aventure.

Nous sommes à Thouyeis dans la commune de Cazals dans le Tarn et Garonne. ROBERT LACROUX âgé de 21 ans, aidé de deux amis, vient de faire une tentative de franchissement qui mérite toute notre attention :

Chaussures de tennis et chaussettes, caleçon de papa, vieux pull over, foulard, béret enfoncé jusqu’aux yeux, lunette de plongée, ceinture de cuir avec des morceaux de tuyau de plomb enfilés dessus. Une corde attachée au poignet ! longue d’une vingtaine de mètres, elle limite la pénétration et est de ce fait un gage de sécurité. Robert Lacroux avoue lui-même qu’il aurait pu sortir en apnée de ces siphons sans problème.

 

la suite bientôt..... Hit-Parade