Le GR20 les tests

Plus qu'un mois, la pression monte doucement. Maintenant j'attaque les tests en vraie grandeur.

Le premier essai fut fait le 7 mai 2013.

Pour un premier test, je ne charge pas le sac exactement comme pour le GR. Il est pratiquement plein, sauf le matériel de camping et les divers chargeurs.... APN etc.

J'ai choisi de monter au Cougoir : Une boucle d'environ 12/13 km avec environ 700m. de dénivellé. Celà n'est pas une vraie étape de GR, c'est juste pour voir, une marche de réglage.... et en effet des réglages il y en aura. Celà n'a l'air de rien, mais j'ai ainsi pu rêgler quelques petits détails, une sangle trop longue, un accessoire qui ne va pas du tout où je l'ai mis au début, et ainsi de suite le sac devient de plus en plus facile à porter. De plus en plus ergonomique.

J'avais prévu de prendre un matelas auto gonflant, celui-ci pèse 1600 grs, et mesure environ 55cm de large..... une hérésie ! que faire ? prendre des matelas en mousse et les retailler ? mon épouse qui se passionne de plus en plus pour mon périple m'a trouvé dans un grand magasin de sport un matelas MUL, ou presque pour 30 euros..... 730grs.... çà c'est bon. Son achat a été épique, le matelas coûtait 40€ mais il était mal étiqueté, j'ai insisté et insisté jusqu'à ce qu'on me le vende à 30 euros comme il était indiqué (à tord certainement, mais les erreurs doivent profiter aux clients, non ? il me semble que la loi dit çà, mais là il a fallu discuter pas mal pour obtenir ce droit !!!)

Me voici donc propriétaire de ce matelas qui fait baisser de presque 1kg le poids de mon sac !

Je l'accroche sous le sac à dos, grâce à quatre élastiques découpés dans une chambre à air de voiture. Trois pour ceinturer le sac, et un en travers avec deux mousquetons (une sorte de dégaine), qui viennent s'accrocher à mes sangles de portage du sac à dos.... parfait, et comme celà ne dépasse pas latéralement, je peux me glisser entre des arbustes sans l'accrocher.

Pour le deuxième test, j'ai vu un peu plus grand, et plus lourd, plus près du véritable poids que pèsera mon sac sur le GR20. J'ai pris la tente, le matelas auto-gonflant, les sardines spéciales que j'ai fabriqué moi même, celles en aluminium ne me semblant pas capables de résister aux coups de cailloux qu'elles vont certainement prendre tout au long de ma rando. J'ai donc fabriqué 8 sardines en fer doux, d'une vingtaine de cm, terminées par une petite barre en croix pour retenir les boucles de la tente.

J'ai choisi cette fois la montagne de Miélandre, presque 800m de dénivellé. Quelques passages de rochers, et une descente très caillouteuse, comme je m'imagine le GR20.

La montée est plutôt raide par endroits, j'ai adapté mon rythme de marche pour ne pas être trop crevé. Et ma foi tout a été parfaitement bien.... petites escalades, chemins raides, tout est passé en 2 heures et 20 minutes, soit 20 mn de plus que le temps que je fais avec le petit sac de 5kg.... Sur l'alpage sommital, j'ai monté la tente à côté de la cabane refuge. Le terrain était trop en pente pour que je puisse vraiment y dormir, sur le GR20, j'espère que le terrain sera plus plat.

Mais bon, tout a bien été, montage en 10 minutes..... démontage idem.... les sardines vont très bien. Seulement il fait trop chaud en plein midi sous celle-ci....... il faudra attendre le soir pour y entrer je pense en Corse.

Ensuite la descente, je l'ai négociée plus lentement que d'habitude, car je me dis que glisser sur un caillou avec 5kg dans le dos, çà passe, mais avec un sac de 16/17kg, çà risque de ne pas plaire à une cheville ou un genou !!! donc prudence. Et encore une fois celà est bien passé.....Il me faudra également faire de même en Corse.

Voilà donc les deux premiers essais en vrai... jusqu'ici c'est bon. Je me fais peut-être trop de soucis, une fois sur place je vais peut-être sourrire, peut-être souffrir ? on verra.

Je ne peux quand même pas faire un GR20 de test, avant de faire le GR20 ! se serait idiot.

La semaine prochaine, sac chargé exactement comme pour le GR........

Sauf que déjà, j'ai gagné quelques grammes, de sélection en suppression, et d'achat de matériel léger je suis déjà de plus en plus proche des 18kg.

18 kg me direz vous, c'est trop ! je suis d'accord, mais les derniers grammes seront très dûrs à gagner.

Ce poids tient compte des 2kg de ma gourde souple de deux litres que j'utilise en randonnée. Sans celle-ci je serais à 16kg, ce qui est le poids recommandé par de nombreux sites visités. Je dirais donc qu'au début de chaque journée je serais trop lourd, et qu'en fin de journée de marche, je serai pile poil........

Reste le poids des divers consommables qui seront consommés (comme de juste), chaque jour.

Dosettes de café, sachet de sucre, lait concentré, savon, dentifrice, autant de produits qui diminueront au fur et à mesure que les jours passeront, donc moins de poids.

Plus les jours passeront, moins j'en aurai à transporter, et plus j'aurai la forme.... Génial !

Plus de la nourriture de secours (barres énergétiques), qui disparaitra elle aussi jour après jour....... héhé !!!

Pour le troisième essai j'ai choisi le synclinal de Saôu, et les fameux trois becs qui le dominent à l'Est. Je suis parti du gîte de Fonderesse, un circuit que j'aime bien, plutôt que le col de la Chaudière, qui est bien trop facile à mon avis.

Depuis que ce chemin a été réouvert des dizaines de marcheurs font les trois becs ! aucun interet pour moi. C'est comme se faire hélitreuiller à trois cents mètres d'un sommet et finir à pied, juste pour se la jouer....

J'ai bien vu des cyclistes ne faire que les deux trois cents dermiers mètres de grands cols Alpins, pour se faire photographier dans les derniers lacets !!!! BOUHHHH !!!

Bref, je suis parti de bonne heure, et j'ai commencé la grimpette vers le pas du Barry aux alentour de 9h00. Comme j'en ai déjà eu l'occasion une fois, en passant par là, on a des chances de voir des chamois qui se sauvent des autoroutes que sont les trois becs.... et CHANCE ! j'en ai apperçu un sur une petite crête, mais comme je le sais maintenant, l'entrevue n'est que de quelques secondes, hop ! il a sauté derrière la crête, je n'ai même pas cherché à dégainer mon APN, je sais déjà que je n'y arriverai pas dans les temps....

J'ai continué sans problème vers le Veyou, malgrè le sac bien chargé, pas de douleurs particulières, les sangles ne me font pas mal, et le poids ne me pose aucun problème particulier. La douleur aux épaules n'apparait à chaque fois qu'au bout de trois heures de marche environ, et je la soulage en tirant sur les bretelles en avant, par les boucles, une minute pour soulager, et je recommence dix minutes plus tard.

La montée vers le premier sommet est en général assez raide, et je souffre. Là je prends un rythme légèrement plus lent que d'habitude, et à ma grande surprise, j'arrive à tenir ce rythme jusqu'au sommet, en ne m'arrêtant qu'une dizaine de seconde tous les cents mètres environ. Je m'imagine être sur le GR20, et en profiter pour prendre une ou deux photos....

Le vent est bien plus gênant que le dénivellé, je suis frigorifié ! comme je le ferais si j'étais sur le GR20, je pose le sac et en sors les gants et le bonnet polaire.... HUM ! que çà fait du bien.

Et je continue, vers midi je cherche un coin abrité, pour manger.

Puis la rando continue, le Signal, et Roche Courbe, un petit tour vers le rocher de la Laveuze et son célèbre trou.... je me dis là tu es à Tuffanatu...., les aiguilles rocheuses sous le Veyou deviennent les Aiguilles de Bavella, etc... j'y suis vraiment.

Et c'est le retour, par le large chemin d'exploitation qu'emprunte le GR9.

Je croise 4 randonneurs qui semblent égarés, en fait c'est leur topo guide qui s'égare, et eux, logiquement ne le comprennent pas, je les rassure, en effet pour aller au pas de la Motte, il n'est pas nécessaire de descendre jusqu'à l'auberge des Dauphins comme le dit leur topo - guide..... il y a bien 7/8 km de trop. Je leur indique la voie directe, il sont bien contents... et je repars.

Je rejoins la voiture sans soucis, pas plus fatigué que lors d'une rando avec mon petit sac. Je suis content, çà a l'air de marcher....

4ème test : Foret de Saoû : Petit et Grand Pomerolle par le pas de l'Estang ( l'étang en français). 30 mai 2013.

J'ai choisi cette rando moyenne pour ne pas toujours faire des kilomètres en voiture.

De plus la grimpette sous le pas de Berlhe est plutôt raide, et doit correspondre au GR20, marches de 40/50 cm de haut dans le rocher, qu'il faut gravir l'une après l'autre, çà me fera de l'exercice, maintenant que mon sac est au poids du GR20. J'ai toujours 1/2 litre de jus de fruit et un thermos de café, qui doivent équivaloir à la nourriture que je prendrai réellement.

C'est toujours facile au début, puis les bretelles me font souffrir, mais rien de trop méchant, je resserre la sangle abdominale du sac ! et miracle ! la douleur se fait moindre. Voilà encore un réglage du sac qui s'améliore.

Comme prévu, les derniers mètres sous le pas de Berlhe entre le Petit et le Grand Pomerolle sont durs ! je fais de fréquentes poses. Mais bon, ce n'est pas excessif. J'y arrive.

Voilà une photo qui montre la grimpette qui m'attendait ce matin...

Et oui ! il faut monter jusqu'au sommet de cette falaise qui s'appelle le Grand Pomerolle....

Mais finalement j'y suis arrivé.... comme le montre cette autre photo :

Le sac commence à être bien plein.

J'ai rajouté dernièrement : Un monoculaire d'approche vraiment tout petit (et donc léger) qui me permettra de mieux apprécier les sommets et éventuellement de surprendre un moufflon..... et un tube d' Ibuprofène pour les divers petits bobos et douleurs des articulations, pieds, chevilles, genoux etc...

Départ dans 12 jours...... le stress augmente.

5ème test : La Lance. Haut lieu de la résistance Drômoise sud, avec son Oppidum Romain ou peut-être Celte.

Le sac est là aussi chargé au maximum, comme pour le GR.

Je me gare vers la chapelle de la Roche, non loin du château du même nom et ses meurtrières horizontales.

Le premier col est rapidement atteint, et là trois choix s'offrent à moi, le large chemin caillouteux qui monte en zig-zag vers l'aire d'envol des ailes volantes au nord de la montagne. Le GR9 qui va vers le gîte de Fontlargias, et la bifurcation sous la falaise Ouest des Aures, ou bien encore un troisième petit chemin dont je devine le tracé, et que je n'ai encore jamais pris. C'est donc lui que je choisis aujourd'hui.

Montée raide en sous bois et comme prévu, j'atteinds bientôt l'extrémité sommitale de l'Oppidum avec son petit escalier secret, bien caché entre la falaise et une large lame de roche qui lui sert de rampe dirait-on.

Je suis à la source juste sous la ferme de la Lance. Je traverse la prairie, remonte sous la stèle posée là en 93, pour les 50 ans de ce maquis, cette année pour les 70 ans, rien ! personne n'est venu, les anciens ne sont plus là, ceux qui restent n'ont plus la force de venir.... et les jeunes s'en foutent !

Bref, la roue tourne. Je continue vers le nord Est, je commence à bien connaitre ce chemin, je n'hésite plus aux bifurcations, et bientôt, je débouche sur le plateau de la Montagne de la Lance.

D'abord, vérification d'une énigme. Qu'est-ce que j'avais vu la dernière fois, sur le bord de la falaise ? une sorte de grand panneau alongé, posé à plat... je n'avais pas mes jumelles, et je n'avais pas compris.

Je me déporte donc vers le bord et je cherche, et je trouve, un manche à air, et à côté, une piste d'envol, d'abord bétonnée, et ensuite formée de plaques aluminium boulonnées entre elles. Boudiou, ils ont confiance ces vol de pentistes.... si la voile ne s'ouvre pas bien, pas de demi-tour possible, c'est la chutte dans les brousailles.... maman, bobo !

Et moi je repars vers les sommets.

Bientôt la croix du sommet, je pose mon sac, photo, et repas.

Et je redescends, j'ai trouvé la dernière fois, un chemin avec des marques de peinture jaune, mais la fin était perdue dans les broussailles, là, je vais tenter de trouver une fin plus confortable, le début, est facile, et à l'embranchement supposé où je me suis égaré la dernière fois, je prends vers le bas, et tout de suite je tombe sur une borrie.

Ces maisonnettes de pierre provençales.

Je suis content, je photographie, je visite, c'est amusant cet assemblage de pierres pour former le toit, si celà s'écroule pendant que j'étais endormi dedans, brrrr, j'en frissone...

Allez on repart ! et là c'est la caata ! encore plus Mer...que que la dernière fois.... GRRR ! tant pis, je fais une descente pénible dans les caillasses qui glissent sous mes pieds, quelle galère ! enfin le chemin..... plus jamais je ne reprends ce chemin !

Et je retrouve la voiture et rentre à la maison. Une rando de plus de 10km et un petit peu plus de 1000m. de dénivellé.

Crevé, surtout par le chemin caillouteux emprunté à la fin, et contrarié de m'être encore trompé.

Mais sinon, çà va. Le sac est lourd, mais bon, supportable.

Voilà, fin des tests, maintenant les choses sérieuses vont commencer.

Moins de 4 jours avant le départ.....mercredi 12 départ à 18h30 du port de Marseille.... Arrivée à Porto Vecchio le lendemain vers 7h30.

Et la première vraie étape vendredi 14, je partirai de Conca, pour monter au Focce de Bavella..... Près de 1300 mètres de dénivellé !!! ouille dure mise en jambe. Seule consolation, je peux prendre mon temps car j'ai réservé un lit dans le gîte....

Allez à bientôt,

Stressé quand même....